Je n’ai pas voulu écrire plus tôt mes impressions sur Dakar, et ce pour de multiples raisons. La première est une certaine fatigue à parler de moi. Vient ensuite le milieu francophone, où tous ceux que je côtoie liront mes mots. Enfin, il y a eu la difficulté à comprendre les règles du jeu local. Je vous ai fait, à la place, des articles plus sérieux ou « journalistiques ». Mais, vous les avez boudé. Pas de commentaires ? Avouez, vous aussi, vous sentez la fin !

Bon, je me lance donc, histoire, peut-être, d’avoir des petits mots. Ceux qui ont gardé contact avec moi, le savent, je fus un peu dépitée. A la descente de l’avion, je me suis dit « ah tien, le 18° avec la mer ! ». Oulala, comme j’étais loin du compte ! Il faut remettre dans le contexte : Arrivant du Cambodge, je retrouve des marques francophone, qui rappellent vaguement la maison. Pourtant, au Cambodge, comme on sait que tout sera différent, on n’est pas surpris des pratiques étranges. La barrière du langage fait qu’on s’exprime peu mais bien. La récente ouverture du pays fait que, une fois quitté les zones purement touristiques, les gens sont d’une gentillesse et d’une honnêteté pas croyables. Ces points là, au Sénégal, sont à l’inverse ; parfois.

Je rajoute le parfois, important pour ne pas généraliser. Le climat est festif est très accueillant en général. Les gens discutent, s'intéressent, connaissent souvent bien la France (les liens sont restés très forts) et le premier contact est très facile. Il n'y a pas cette solitude ni ces barrières qu'on retrouve dans certains coins de France. J’ai aussi rencontré de chic gens, certains m’ont ouvert les bras gratuitement, et certains enfin que je peux presque appeler "amis". Nous sommes quand même au pays de la « Teranga » (hospitalité). Il faut donc savoir faire le tri, même si l’amer a tendance à laisser un goût plus tenace que le sucré en bouche. A défaut de « toubabs » (blancs), j’ai côtoyé beaucoup de « niaks » (étrangers d’Afrique) et quelques sénégalais.

Le pays est magnifique et surtout beaucoup plus ouvert culturellement que je ne l’aurais pensé. Vous le verrez peut-être dans mes photos ou ma liste de reportages, c’est difficile de s’ennuyer. Des boites de nuit, aux expositions d’art, en passant par les débats intellectuels et autres concerts ou compétitions sportives, il y a toujours quelque chose à faire ou à découvrir à Dakar. Un autre point positif, « j’ai le fondé ! » Hahaha, je vous donne la traduction : Littéralement, j’ai les grosses fesses. Mon débat interne consiste à savoir si le fondé provient du « tiebou dien » (plat quotidien, composé de riz, un peu de poisson, et surtout beaucoup d’huile) – raison la plus plausible – ou bien à cause de mon apprentissage assidu des danses locales, qui musclent le popotin – raison la plus décomplexante. En tout cas, c’est un compliment, car ici, plus on grossi, plus les gens sont contents ! Ça soulage… même si le retour à Paris risque d’être plus problématique.

Cesse de bavardage, je vous donne un petit goût de négatif avant d’en finir. J’ai perdu ici une part de naïveté. Le monde n’est pas « tout gentil tout beau », et contrairement aux dessins animés de mon enfance, rien ne distingue les "méchants" au début de l'épisode. Enfin, comme on dit « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », et il faut croire que j’avais besoin de cette claque, même si j’y ai perdu une part de ma « flamme dans les yeux ». J’ai côtoyé PARFOIS le mensonge, les belles paroles, les relations d’intérêt, et des gens dépourvus de respect. C’est dit, je ne donnerais pas d’exemples, car ce serait jouer dans la même catégorie.

Mais au final, tout ce que j’ai écris ici n’est qu’un pré-bilan, à quoi il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives. Je dois avouer que je commence juste à comprendre les règles du jeu du pays, et à voir les choses différemment. Je suis aussi fatiguée de voyager, et j’ai hâte de rentrer à la maison, ça change la perception des choses. Je vous ferais donc un dernier message pour conclure, sur le Sénégal et le voyage en général, quelque temps après le retour, la tête au calme et les pieds revenus à la réalité parisienne.

Me connaissant, ne vous étonnez pas d’y lire « je veux repartir !!! » à la place de l’actuel « Je veux rentrer !!! », et, s’il vous plaît, ne vous offusquez ni de l’un ni de l’autre !

A bientôt