Le Vietnam a libéré le Cambodge des Khmer Rouges, quel acte bon et altruiste ! On peut rire. Les troupes de la République Socialiste du VietNam (RSVN), n’avaient nullement comme but de but de sauver le peuple Cambodgien, mais plutôt celui de mettre fin aux incursions des troupes de Phnom Penh au Sud Vietnam (anciennement territoire du Cambodge appelé Kampuchea Krom).

Revenons quelques temps en arrière, pour voir les revendications principales des Khmers rouges. Effectivement, ceux-ci, bien que communistes, se sont érigés sur le thème nationaliste en opposition à la présence vietnamienne dans le pays. De tout temps, le Cambodge a réclamé avec insistance la restitution de ses provinces du sud, injustement rattachées au Vietnam par l’administration coloniale Française. Cela fût sans succès.

Cette libération vietnamienne de 1978 fût suivi par une période d’occupation pure et simple du Cambodge par le Vietnam, puisque Hanoi mit en place un régime « frère » (composé d’anciens khmers rouges) et fait signer au pays un contrat qui scelle pour 25 ans l’avenir du Cambodge au sein d’une « union indochinoise ». Suivant des sources occidentales, l’occupation et la guerre vietnamiennes au Cambodge de 1979 à 1989 ont fait plus de 450 000 morts cambodgiennes.

Pourtant, à la fin des années 1980, l’URSS s’effondre et les pays communistes, dont le Vietnam, se retrouvent isolés. Sous l’action militante du prince Sihanouk, ainsi que la pression économique exercée par la communauté internationale (dont la Chine), le Vietnam cède et autorise le régime communiste de Phnom Penh à ouvrir des négociations. Celles-ci trouveront leur aboutissement dans la signature des « Accords de Paris » en 1991, qui prévoit la tenue d’élections démocratiques au Cambodge et l’annulation des traités signés sous l’occupation Vietnamienne.

A présent, il semblerait que ces conditions ne soient pas réellement respectées. Le fait le plus marquant concerne l’implantation vietnamienne dans le pays, estimés entre 4 et 4,5 millions pour une période de 25 ans (de 1979 à 2004). Le danger pour le Cambodge est que cette colonisation s’accompagne d’une recherche d’accaparer à la fois des terres et du pouvoir Cambodgien. Les colons occupent ainsi des fonctions de cadres supérieurs et moyens dans l’administration, bénéficiant ensuite de privilèges pour s’implanter dans les régions les plus riches et les endroits stratégiques du pays.

La tentative est claire et ne change guère depuis les temps du protectorat français : C’est un acte de colonisation massive et progressive du pays, jusqu’à ce que les khmers deviennent eux-mêmes minoritaires dans leur propre territoire. Toutes les régions à l’Est du Mékong sont touchées, et les vietnamiens sont présents partout dans la société cambodgienne, créant ce climat d’hostilité à leur égard.