Trois jours pour découvrir

Arrivé dans une ville nouvelle, il faut deux nuits et 3 jours avant de trouver ses marques et se repérer sur un plan. Durant ce temps, vous pourrez faire connaissance avec le centre-ville, visiter quelques musées, voir même dépenser un peu de temps et d’argent dans les marchés locaux. Faire plus court est bien sûr possible, mais avec la fatigue du voyage, cela se limite alors à « faire un break » avant de repartir. En revanche, courir de ville en ville tous les trois jours peut difficilement se tenir sur la longueur.

Trois semaines pour digérer

Ces trois semaines ne sont pas seulement faites pour découvrir le nouveau pays, mais aussi pour oublier celui qu’on vient de quitter. Particulièrement, si vous vous y êtes fait des amis, ou si vous l’avez particulièrement apprécié, cela vous prendra un certain temps pour digérer la transition et de se sentir bien à nouveau dans un lieu inconnu. Cette durée peut varier bien sûr, mais, selon moi, c’est aussi elle qui permet de faire le tri entre les « on s’écrira, tu me manqueras » et les vraies rencontres. Cela m’amène à penser qu’il est un peu dommage de passer strictement un mois par pays, car cela laisse à peine une semaine après cette durée, où l’on s’y sent bien, et où on peut s’ouvrir totalement aux lieux.

Trois mois pour intégrer

Pour découvrir une culture, un mode de vie et de pensée, en revanche, cela prend beaucoup plus de temps. Psychologiquement, on se garde une réserve si on sait qu’on va bientôt partir, et on ne peut se donner totalement aux choses ni aux gens. Trois mois est une durée idéale, pour se trouver un « chez-soi » autre que l’hôtel, occuper son temps à autre chose que du tourisme (boulot, ONG, cours de langues approfondis…) Cela permet de construire de vraies relations, de dépenser moins d’argent, et de prendre des habitudes rassurantes. On sort de la vision purement touristique, « pièges à gogo », et ça laisse le temps de réfléchir et d’appréhender sereinement la suite de son voyage.

Trois ans pour agir

Pour vraiment monter un projet enfin, il semblerait qu’il faille prévoir 3 années : une pour décrypter, une pour mettre en œuvre (travaux, paperasserie,…) et une pour mettre en route de façon effective. Cette dernière durée ne correspond pas avec les contrats de volontariat, qui sont de 2 ans, mais m’a été soufflée par plusieurs rencontres. Après cette période, soir on s’installe, oit on laisse la place à du sang et des idées neuves.

Au final, certains pays demandent un peu de temps pour être appréciés, tandis que d’autres, plus faciles d’accès, peuvent se deviner plus rapidement. Il n’est jamais facile de partir d’un endroit où on s’est plu, surtout que, l’homme étant fait ainsi, on a parfois besoin de se poser et de retrouver des marques. Courir à longueur de temps, et dépenser son énergie à découvrir sans cesse de nouveaux lieux, peut s’avérer à la fois cher et fatiguant. Après, à chacun de trouver sa formule, en se laissant la possibilité d’adapter en cours de route, suivant ses humeurs.