Voyager mère-fille, on pourrait dire "quelle chance elles ont de découvrir ensemble, quels moments privilégiés elles ont pu partager…" Le spectateur volontairement ne veut voir que le bon côté des choses et d'ailleurs il a raison. Pourquoi s'embarrasser d'idées négatives ?

Je suis consciente aujourd'hui que notre périple a été au de là du simple voyage touristique. Il a été pour moi un parcours initiatique tout du moins très instructif dans notre connaissance l'une de l'autre. Les conditions parfois difficiles, l'exotisme et l'environnement totalement inhabituel nous ont permis de nous évaluer et de nous découvrir sous de nouvelles facettes.

En 15 jours très remplis nous avons pu apprécier nos goûts commun pour :

- découvrir les villes le "nez au vent", les mains dans les poches et le guide dans le sac,

- rentrer facilement en contact avec l'environnement sans contrepartie,

- apprécier la cuisine exotique et les plats bizarres,

sans oublier notre capacité à nous adapter. Cela a été vérifié particulièrement lors du voyage de nuit (13 h de banquettes dures entre Pékin et Shangaï) et de l'entrée en matière étrange à YanGzhou alors que nous nous croyions à Yanzhou à 10 heures de voiture de notre destination d'origine.

J'oserais aussi parler des situations que nous avons eu à gérer quand l'une a faim et l'autre est fatiguée ou inversement. Ici la relation mère-fille complique largement la communication…

Mais, je vous rejoins que de moments heureux partagés dans la sérénité des parcs regorgeant de saules pleureurs, devant les spectacles de danses spontanées regroupant les chinois et chinoises autour d'un radiocassette, lors de la découverte des lieux insolites comme dans les ruelles de Shangaï ou grandioses comme sur la muraille de Chine.

Mais finalement, et tant mieux, au bout de 2 semaines passées exclusivement ensemble il était temps que chacune de nous reprenne sa route, heureuses l'une et l'autre d'avoir consolidé notre complicité.

Cette tranche de vie avec Popo m'a aussi permis de prendre conscience de son quotidien de nomade, de ses préoccupations d'intendance (repas, linge, contenu du sac à doc…), de son besoin de contact avec ses proches restés en France et de son plaisir de rencontrer des horizons différents.

Je vous rassure Pauline va très bien. Elle sait gérer son énergie, son stress, son temps et ….son argent. Pour ceux qui la connaissent, je trouve que son visage a un peu changé. Plus mature, plus marqué moins enfant.

Il lui reste encore 6 mois à parcourir le monde. Elle nous reviendra quelque peu transformée et pleine de projets d'avenir.