Mongolie : Les 6 commandements de la vie nomade
Par Pauline, mardi 30 octobre 2007 à 17:08 :: Mongolie :: #49 :: rss
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Dans leurs appartements surchauffés, les occidentaux se font une idée bien romantique de la vie nomade : Larges espaces, couchés de soleils rougeoyants, courses folles à en perdre haleine et liberté retrouvée. La Mongolie, pays qui possède à la fois la plus faible densité de population et le plus faible taux de précipitation du monde, attire ces rêveries. Il est vrai, la vision du ciel est à 180° et les étoiles, la nuit, ne trouvent aucune concurrence à leur éclat. Les paysages sont enchanteurs et vous projettent dans la majestueuse nature. Mais, pour y vivre, même un temps, il faut aussi se rendre compte du quotidien de ces gens. Contre le portrait féerique, troquons donc la caricature réaliste.
Manger par pur plaisir ? A moins d’avoir des goûts étranges, c’est impossible. Au menu, matin midi et soir, du mouton et du riz. Le lendemain ? On recommence. Les fruits et légumes. On ne comprend pas à quoi ça peut bien servir. Au mieux, on remplace le riz par des pâtes. Au pire, on y ajoute du fromage en dessert. Quand on dit fromage, c’est un grand mot ! Sèche ou tendre, cette chaire molle laisse toujours l’impression de manger le "cul de la chèvre". Le lait de jument enfin, excellant pour la santé, l’est bien moins par le goût !
Les yourtes étant à plusieurs kilomètres les unes des autres, c’est sûr qu’on ne se sent pas dérangé par les voisins ! Si on a quelque chose à le dire, on marche, on galope, on roule… Enfin, on se débrouille. Les opérateurs téléphoniques n’ont pas jugé utile d’installer un réseau pour mettre en liaison les yacks, et les pigeons voyageurs survivent très mal au climat.
Pas d’eau chaude, pas d’électricité, et que dire des toilettes, si ce n’est qu’il vaut mieux faire ses besoins à côté que dedans. On peut y répondre que, vu la sècheresse du climat, il vaut mieux se laver le moins possible pour éviter les crevasses dans la peau. Même les porcinets y trouveront à redire ! La nuit, c’est un simple poêle qui chauffe la pièce, et si personne ne l’entretient, à 3 heures du matin, on se retrouve grelottant dans ses draps.
La vie nomade ça signifie toute la famille dans une même pièce. Entre les odeurs évoquées précédemment et la proximité, les membres ont intérêt à bien s’entendre ! Une question subsiste quand on teste la nuit en yourte : comment font-ils des enfants ? Le pire, c’est qu’ils en ont, et pas mal en plus ! La réponse, vous pouvez l’imaginer seul.
Il y a quelques années encore persécutés par l’URSS (sédentarisation forcée et répression du bouddhisme), les nomades ont aujourd’hui à craindre pour leur subsistance. Deux facteurs se combinent. Premièrement, les variations climatiques font que le déplacement Nord-Sud ne suffit plus à la satisfaire l’alimentation des bêtes, et beaucoup sont obligés de changer de mode de vie. Avec l’invasion des produits chinois et des entreprises (et touristes) occidentaux aussi, le miroir aux alouettes fonctionne et laisse se créer des bidonvilles de yourtes autour des grandes villes, habités par ceux qui ont voulu « tenter leur chance ».
Vodka et bière sont boissons nationales ; Encore un souvenir Russe ? On peut se le demander, mais en tout cas, on est obligé de s’alarmer devant l’état d’ébriété des habitants. La vie nomade n’est pas calme, loin d’être romantique, et malgré les beaux paysages, un « petit remontant » est bien utile…
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Commentaires
1. Le mardi 30 octobre 2007 à 17:38, par CP
2. Le mardi 30 octobre 2007 à 17:51, par Pauline
3. Le mercredi 31 octobre 2007 à 13:49, par CP
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