Les trains russes

Je ne m’occupe pas ici du trajet Irkoutsk – Vladivostok, car je ne l’ai pas emprunté, mais il correspond, je me doute, aux mêmes critères que les autres trains russes.

Le choix du billet :

En premier lieu, il est indéniablement conseillé d’acheter ses billets de train au coup par coup ! Les acheter en une fois, par l’intermédiaire d’une agence spécialisée, revient au minimum 2 fois plus cher que l’option aventure ! En plus, cela permet de modifier son trajet prévu, au hasard des rencontres et des impressions ressenties dans chaque ville. Les hôtels et auberges peuvent souvent vous aider dans les démarches de billets et de visas. Pour le Visa russe, le plus difficile à avoir, vous pouvez aussi bien sûr vous adresser à un organisme spécialisé (voir article sur le sujet) qui vous trouvera l’invitation et s’occupera de tout.

Dans la plupart des trains, il y a 4 classes disponibles :

  • 1° classe : cabines à deux couchettes molles. Dans certains trains, les wagons de première classe disposent d’une douche, mais c’est très rare ! Cette catégorie n’est pas présente dans tous les trains, il vaut mieux donc être plus souple dans les dates de départ pour l’emprunter.
  • 2° classe (ou koupeï) : cabines à quatre couchettes dures. Il y a deux WC par wagons (comme dans chaque classe). C’est le prix de base affiché dans les guides de voyage.
  • 3° classe (ou plaskart) : wagon sans compartiment en couchettes dures. Les tarifs sont 40% moins chers que la 2° classe, et c’est aussi la façon de voyager la plus authentique. Dans cette catégorie en revanche, il vaut mieux s’y prendre en avance pour réserver les billets, car les places sont très demandées.
  • 4° classe (ou Obchtchy) : wagon en places assises. Cette classe n’est disponible que sur les petits trajets (Moscou – Saint Petersbourg par exemple) et correspond à une grille de tarif encore obscure pour moi.

Vie usuelle

La galerie photo donnera plus d’informations au sujet de la nourriture, mais il est quelques règles à connaître. Si il est quasiment toujours possible de trouver des denrées comestibles lors des arrêts en gare et dans le compartiment restaurant du train, il vaut mieux prévoir (pour faire des économies et ne pas dépendre des horaires) de quoi grignoter pendant les trajets. Charcuterie, pain, fromages, fruits… Mais aussi, nouilles chinoise, thé et café ! Effectivement, dans chaque wagon, il y a un réservoir d’eau chaude (et bouillie) disponible gratuitement. Les femmes de train prêtent aussi des tasses, et vendent des sachets solubles, pour que vous ne soyez jamais démunis. Vous pouvez donc prévoir, au lieu de multiplier les bouteilles d’eau, de quoi vous faire des boissons chaudes à volonté.

En ce qui concerne le couchage, il y a certaines places à éviter en 3° classe : près des toilettes, dans le couloir… (n° 1 à 4, 33 à 38, 53 et 54). Je peux aussi conseiller de choisir les places numéro pair, qui sont celles en hauteur. Effectivement, à cette place, vous risquez moins de vous faire voler vos affaires (moins apparentes), et aussi d’être dérangé durant la nuit par les autres passagers qui viendraient s’asseoir sur votre banquette pendant que vous dormez. La contrepartie est celle de jouer au chimpanzé chaque fois que vous escaladez pour rejoindre votre place. Mais cela donne une touche de sport au voyage ! Pour ranger son gros sac à dos et les bagages dont on n’a pas un besoin usuel, en revanche, il y a des casiers sous les sièges et en hauteur. Selon les trains ensuite, les draps sont soit prêtés soit loués (40 Rb, 1,2€). Il y a aussi de grosses couvertures disponibles pour chaque passager. Il n’est donc pas utile de prévoir un sac de couchage.

Pour l’hygiène enfin, nous avons vu qu’il n’y a presque jamais de douche disponible à bord. Il faut donc se contenter d’une toilette de chat dans les toilettes. Attention, ceux-ci sont fermés pendant les arrêts en gare (et quelque temps avant et après). Donc il vaut mieux faire attention au planning (affiché dans le train). De plus, il y a souvent la cohue pour y accéder (surtout en 3° classe), et à la fin du trajet, peuvent devenir vraiment très sales. Le conseil que je peux donner pour ceux qui voyagent en plaskart, est de se déplacer dans le train, au moment de la toilette, pour emprunter les WC de seconde classe, bien plus propres (puisque moins de passagers l’utilisent).

Arrêts et gestion de l’heure

Le nombre d’arrêts pendant le trajet est une question de choix. Rester un certain temps dans le train permet de mieux faire connaissance avec ses compagnons, tandis que faire escale dans plusieurs villes donne l’avantage de mieux connaître les régions traversées. Pour ceux qui font les grands trajets seulement, attention à la circulation du sang ! Bas de contention, et surtout promenades dans le train sont recommandés pour ne pas attraper de phlébites (cailloux de sang qui bloquent les veines dans les jambes). Il faut aussi boire beaucoup, et si vous sentez une douleur vive dans les mollets, avaler une aspirine (qui fluidifie le sang). Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres, mais autant se méfier !

Dans le train et pendant les arrêts enfin, la question qui pose problème est celle de la gestion du temps. De Moscou à Irkoutsk, il y a 5 heures de décalage horaire. Pour ceux qui vont jusqu’à Vladivostok, le problème empire. Dans le train, l’heure importe peu. L’horloge à l’entrée du wagon affiche l’heure moscovite et l’organisme, quant à lui, se régule plus ou moins à se réveiller, se coucher et donner des signaux de faim suivant l’heure du soleil. De toute façon, le lit n’est pas bien loin, et des lampes de chevet sont utilisables la nuit. Pour les arrêts par contre, le problème est plus délicat. Effectivement, tous les billets russes affichent leurs horaires selon le fuseau moscovite. Deux options sont possibles : régler sa montre à l’heure de chaque ville arpentée, ou rester sur l’heure de Moscou. J’ai choisi la seconde option, car je ne fais pas confiance en mes capacités de calcul mental. Il est en effet moins grave, selon moi, de prendre le risque de vivre en décalé que de rater mon train par un mauvais calcul du temps. D’autres choisiront peut-être l’autre option, ou bien une toute différente, comme par exemple de changer sa montre d’une heure par jour de trajet.

Les trains internationaux

Les trains internationaux sont ceux qui relient la Russie, la Mongolie et la Chine. Ils coûtent plus chers que les trains intérieurs, sont plus propres, et souvent plus rapides. La principale différence en fait, se trouve dans le fait que la 3° classe (plaskart) n’existe pas. Le choix est donc entre cabine de 1° ou de 2° classe. Par exemple, le train Irkoutsk – Ulaan-Baatar coûte 2000 roubles (150€), et celui Ulaan-Baatar – Beijing 110$ en 2° classe.

Ces trains ont l’avantage d’être les plus commodes à emprunter, pour un voyageur pressé. C’est ceux qui sont proposés d’office dans les auberges de jeunesses, et les plus empruntés. Tout y est simplifié, depuis la montée dans le wagon jusqu’à l’arrivée. Pour le passage des frontières, il vous suffira de rester à bord et d’attendre (distribution des formulaires, passages de douaniers…) ; Pas de prise de tête ni de stress supplémentaire ! Armé d’un bon livre, de conversations avec vos compagnons de voyage (parfois « avec les pieds et les mains »), et de sommeil à rattraper, vous vous laisserez guider vers la prochaine destination.

Pour passer les frontières avec plus d’aventure (et de façon plus économique), il est par contre possible d’utiliser seulement les trains nationaux. Il suffit de s’arrêter dans une ville juste avant la frontière, de se faire prendre en stop, et de remonter dans un train juste après. Cela revient environ à la moitié du tarif, par rapport aux autres trains, et il est possible (en théorie) de gagner du temps sur les passages de frontières (près de 12 heures en train international entre la Russie et la Mongolie). C’est aussi bien sûr plus risqué !

A vous donc de voir quelle option vous préférez emprunter, car au final, si le trajet du transsibérien devient un classique (révélation qui peut s’avérer un peu décevante), chaque voyage est unique, suivant les voyageurs qui l’adoptent !