Les partis politiques en Italie

Jusqu’aux années 1990, les élections étaient bloquées entre le pouvoir qui a toujours été aux mains de la démocratie chrétienne (DC), et le parti communiste. Celui-ci constituait l’unique force à l’opposition, parti le plus fort d’Europe, qui a recueilli jusqu’à 33% des voies. Le parti socialiste, plutôt que de faire une coalition à gauche, a préféré, dans un premier temps se présenter seul. Ensuite, il s’est allié avec la DC. Pendant les années 1980, un leader socialiste, Bettino Craxi, a créé un gouvernement de centre gauche qui voulait voler beaucoup d’électeurs au parti communiste. En fait, il a seulement réussi à rejoindre les 15% (le plus haut chiffre que le PS n’a jamais eu en Italie après la seconde guerre mondiale).

Mais le système politique italien était désormais sur le point de s’écrouler. En 1991, un groupe de magistrats milanais, guidé par Antonio Di Pietro, entame une enquête qui mettra à jour que tout l’Etat se fonde en fait sur un système de corruption développé dans tous les partis. Les entreprises privées, avant de mettre en œuvre un projet, devaient s’accorder avec des politiciens en les finançant. C’était toujours des décisions politiques qui donnaient la possibilité à ces entreprises de faire les travaux pour l’Etat. Ce système était pourri jusqu’aux racines. Rien ne se passait sans que des « tangenti » ne soient payés.

Le maxi procès qui suivra sera observé par toute la population et par une grande partie des journalistes comme une délivrance d’un système vieux et corrompu. Di Pietro et ses collègues seront vus comme des Justes qui finalement détruisent cet état des choses connu par tout le monde mais, jusqu’à ce moment là, obscuré et rentré dans les mœurs.

Les deux partis les plus touchés par cette enquête seront le parti socialiste, alors au gouvernement avec la DC, et la DC elle-même. Bettino Craxi, après avoir fait un discours au parlement, avertissant ses collègues que si il s’effondrait, tout le monde suivrait, sera lui aussi pris au piège par les magistrats et obligé à s’en fuir en Tunisie.

Les événements de cette affaire, qui fut bientôt appelée « Tangentopoli », sont alors sur la bouche de tous et une grande quantité de députés, ministres et personnages politiques, à tous les nivaux, furent mis en procès et condamnés.

Le cas Berlusconi

En peu de temps tout aura changé. Le nouveau cours de l’Etat avait besoin d’un nouveau nom pour se différencier du précédent : La Deuxième République. En 1994, un nouveau personnage arrive sur la scène politique en créant un parti qui n’était plus fondé sur une idéologie « ancienne », mais sur une nouvelle façon de concevoir la politique. Berlusconi était un homme qui promettait de soigner les intérêts d’une grande partie des électeurs. En réalité, il était très puissant. Proche de Craxi, il a introduit sur le marché trois chaînes de télévision privées qui faisaient une grande concurrence à celles publiques.

Pour la loi italienne, Berlusconi ne pouvait pas être président du conseil, à cause du « conflit d’intérêts », causé par son empire médiatique. Il a quand même remporté les élections en 1994. En plus, les médias sont déjà en train de faire oublier à la population les évènements qui se sont déroulés trois ans avant. Son gouvernement dure peu de temps à cause de problèmes dans sa coalition ainsi que son implication dans un procès pour corruption. Un gouvernement de centre-gauche lui succèdera, mais c’est un gouvernement faible, composé par une coalition qui voyait en même temps réuni ceux qui étaient à la gauche de la démocratie chrétienne et celle qui est appelée maintenant la « gauche radicale » (avec 3 autres partis) ou « refondation communiste » (partie du PC qui avait maintenu la tradition du vieux parti, en niant seulement son appartenance à l’URSS, en opposition aux démocrates de gauche plus progressistes).

C’est à ce moment que Prodi devient un des leaders de la gauche modérée. En 2001, il y a de nouvelles élections, qui font gagner Berlusconi grâce à un bombardement médiatique. Maintenant il peut commencer à arranger ses affaires. En premier, il fait des lois pour s’enlever de ses procès où il était en train de perdre et dont il était évidemment coupable des faits qui lui étaient reprochés. Pendant son gouvernement, presque tous les organes d’information se vident de contenu. Tout semble s’améliorer en Italie et tout parait bien aller mais la réalité était bien loin de cette fable.

D’autre part, son parti gagne la majorité des parts du conseil d’administration dans les trois chaînes publiques. Il ne « contrôle » plus maintenant 3 chaînes privées de télévision, mais les 6 plus forts qui existent dans le pays. Il devient tout de suite ami de Bush et entre avec lui en guerre contre l’Irak, oubliant que la constitution italienne interdit au pays d’entrer en guerre pour la résolution des problèmes internationaux. Les journalistes doivent parler avec les mots du gouvernement et les pacifistes sont alors « désobéissant ». Il est presque interdit de montrer à la télévision les drapeaux de la paix.

Les informations sur ses affaires privées (comme ses procès) sont rendues tabous. Les faits ne peuvent plus être raconté comme ils sont par des gens informé sur ce qu’il se passe. Quand deux journalistes et un comédien ôtent de leur programme Marco Travaglio (un journaliste qui avait suivi tous les procès de Berlusconi et qui en avait écrit un livre) pour présenter son œuvre, Berlusconi fait comprendre à tout le monde ce qu’est sa démocratie. De Sofia enfin, il déclare à la télévision que Daniele Luttazzi, Michele Santoro et Enzo Biagi (le plus vieux et le plus estimé journaliste italien) n’ont plus le droits de faire de la télévision parce qu’ils ont fait une « utilisation criminelle » d’un moyen d’information public.

Pendant le gouvernement de Berlusconi, beaucoup de personnes condamnées dans l’affaire « Tangentopoli », ont recommencé à faire de la politique et sont revenues dans le parlement italien. D’autant plus, la télévision ne parlait plus des Tangentopoli, et de ses coupables, mais ont justifiait la corruption en disant que c’était un procédé conforme à ces temps là. Quand Craxi est mort en Algérie, par exemple, on a dit qu’il était le plus grand homme d’Etat de l’après-guerre.

Le gouvernement Prodi

La coalition que Prodi a mis en œuvre pour les élections de 2006 était principalement une coalition anti-Berlusconi. Elle comprenait des forces souvent éloignées les unes des autres, surtout entre la gauche radicale, qui, toute ensemble a pris environ les 9%, et le centre-gauche catholique qui a pris environ 13% des postes. Prodi a gagné les élections avec un écart presque nul du centre-droit. Cela affaiblit le gouvernement car, chaque fois qu’il y a des problèmes de principes entre les différentes factions, il risque d’être renversé.

Une des premières lois que le gouvernement a promulguée, dans le but de vider les prisons, réduisait la peine des personnes qui devaient en sortir dans un maximum de 3 ans. Elle a permis de libérer beaucoup de criminels, même politiques et financiers, comme Previti, associé de Berlusconi (maintenant parlementaire, en opposition avec les règles constitutionnelles), et beaucoup de mafieux. Di Pietro, maintenant parlementaire au centre-gauche, est le seul à s’être opposé à cette affaire là ; faiblement appuyé de quelques personnes de la gauche radicale. La loi, ruinant tous les acquis du procès, et faisant des accusés des « quasi-martyrs », est passée.

On s’attendais à des réformes contraires à la tendance de Berlusconi ; mais, que ce soit dans la santé, comme dans le système scolaire publique, les finances ont été réduites, en continuation avec la politique de Berlusconi (alors critiquée par la gauche). Prodi avait fondé son élection sur le pacifisme. Mais, au contraire de Zapatero en Espagne, il n’a pas retiré directement ses soldats, mais il a attendu beaucoup, en cherchant de balader entre le mécontentement de G. W. Bush et la pression populaire.

Ensuite, il a envoyé ses soldats au Liban et n’a pas retiré ses troupes de l’Afghanistan (on discute même de renforcer la présence italienne la bas). Il y aussi un problème civil, car, en ayant dans sa coalition des catholiques et des personnes de droite, il ne peut pas faire de réformes civiques et modernes. Il avait promis aux électeurs de faire passer une loi pour faire reconnaître les droits des couples gays, mais il en a été empêché par la frange catholique. Cela démontre une forte soumission de l’Etat au Vatican. La télé-information enfin, continue d’être nulle et aux mains de Berlusconi. La politique est toujours aux mains du pouvoir fort et d’intérêts mafieux.

Conclusion

Il parait que la DC en se divisant en deux dans un système bipolaire ait trouvé la façon de continuer à contrôler le pays que ce soit l’une ou l’autre coalition à gagner. Par contre elle n’a plus des vrais adversaires politique parce que les deux extrêmes qu’à elle s’opposait sont contenus dans le centre-gauche ou dans le centre-droite. La possibilité d’un changement à l’intérieur de la politique italienne est niée par la politique elle-même. La liberté d’information en Italie enfin, est tellement réduite que les organes internationaux n’y trouvent pas des signes de vraie démocratie et la situation ne semble avoir aucune possibilité de s’améliorer pour le moment.