Notre Napoléon le Minuscule a choisi. Son discours théâtralisé lors du G8, où la Vodka rendait les relations franco-russes plus joyeuses, ne veut rien dire. Les relations se dégradent entre Nicolas et Vladimir. Il en est de même pour les autres dirigeants Européens. Tous les appuis de Poutine dans l’UE ont passé le pouvoir. Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni… L’ « Ancienne Europe » a changé de bord. Poussé par les nouveaux entrants, et par le désir d’unifier nos politiques, après l’échec du traité constitutionnel, les dirigeants rebelles sont sortis. Les nouveaux se font relais des USA, déplaçant l’ancien mur plus à l’Est.

Plusieurs réalités russes permettent de douter de la suite des évènements. La première est politique. Plus la Russie se sent menacée, plus elle devient puissante, dangereuse. Elle a bâti toute sa géopolitique sur la peur de l’encerclement et, cette psychose est aujourd’hui mise à mal. Durant toute son histoire, le pays, qui avait ses frontières à l’Est assurées, a voulu s’étendre vers l’Ouest. Hier, Eltsine a laissé les capitaux russes aller aux USA. Poutine a fermé les yeux sur l’extension de l’OTAN, de l’UE. Mais aujourd’hui, les yeux s’ouvrent, ils disent « assez ». Quand on tente de corrompre son « étranger proche » (Ukraine, Asie centrale), et surtout de commettre le délit d’ingérence (Tchétchénie), le président s’énerve. Le pays, après la dissolution de son empire, a tenté se coopérer avec l’Occident, mais se soumettre, jamais. La Russie est une puissance, estropiée peut-être, mais toujours présente.

D’autre part, le pays a une tradition militaire très forte. Il n’est pas de manifestation sans ses cars de police, et les agents armés prêts à défendre la patrie. L’armée russe est monumentale, le service militaire est de 3 années, et le Pays, avec la guerre en Tchétchénie, n’a pas désarmé depuis 1991. Om peut lui reprocher son archaisme, peut-être, mais elle est entraînée. D’autre part, des contrats signés récemment avec la Chine sont clairement un desir de modernisation des forces combattantes. Les armes chinoises, bon marché et développées, remplacent l’ancien monopole Européen. Les deux pays sont amis, plus que jamais, et font route ensemble, entre technologies et hydrocarbures.

Dans la population enfin, le sentiment anti-américain est palpable. La guerre contre le capitalisme est finie, mais le sentiment d’oppression, lui ne l’est pas. L’Ukraine est la petite sœur, elle a toujours été proche, et quiconque tentera de la séparer de l’Empire est perçu comme un faiseur de troubles. Dans la rue, on crache sur l’Amérique, on refuse de parler anglais, et de se couper des traditions. Le nationalisme russe, même si il s’est réduit géographiquement, n’a pas perdu de sa puissance. La société surtout, n’est pas stabilisée et sa population ná plus de reperes, entre mafias, oligarques, familles qui ont tout perdu… Trouver un ennemi exterieur, dans ce cas de figure est simple. Le peuple semble prêt à suivre son gouvernement dans une « lutte contre l’envahisseur », aussi dans l’espoir d’une amélioration du niveau de vie.

Si les tensions perdurent, on peut craindre une nouvelle division du monde, qui rappellerait étrangement la seconde moitié du XX° siècle. Les puissances placent leurs pions. Les guerres au Moyen-Orient, commises au nom des droits de l’homme et de la peur du terrorisme, ne sont qu’une façon de s’octroyer le pétrole, élément essentiel pour faire pression sur la Chine, ne plus dépendre du Gaz Russe, et gagner une éventuelle guerre conventionnelle.

Pourtant, une différence de taille est palpable. La Russie, comme la Chine sont passé au système capitaliste. Aucun des deux n’est démocratique, mais l’économie de marché est bien présente. L’affrontement idéologique des deux systemes politiques ne fonctionne plus. Certains parlent, pour cette raison, de la mort du capitalisme. Ce qui est sûr plutot, c’est la fin de la théorie libérale fondée sur l’interconnexion des capitaux. Mais il n’est pas de guerre sans justification ! Quel sera l’argument de chaque camp pour justifier un rassemblement populaire ? Au sein de la population russe, l’animosité contre l’Amérique renaît de ses cendres. Serait-ce l’argument de l’envahisseur unipolaire qui l’emportera ? Ceci se mettra en place contre le devoir états-unien de faire régner la justice et les droits de l’Homme dans le Monde ?

Quel que soit la justification, les causes réelles sont toujours les mêmes. Il s’agit de deux puissances, deux impérialismes, qui s’affrontent pour le contrôle du Monde. La Chine, l’Iran et les autres « Etats-voyous » s’unissent à la Russie pour ne pas tomber sous le joug américain, tandis que l’Europe, « unie » dans sa tradition occidentale, et surtout poussée par les nouveaux entrants à ne pas (re)passer à l’Est, se fait le point de relais américain. Elle en sortira assurément affaiblie.

La France, dans tout cela, a rompu avec le sa tradition gaulliste et ne pourra pas se faire arbitre du conflit. Sa diplomatie se meurt, dans un bain tiède et bien-pensant des droits de l’homme américanisé. Nous avons besoin des Etats-Unis, certes. Nous avons toujours été alliés, et il n’est pas question de remettre cette coopération en doute. Mais, prenons conscience que plus de 70% du gaz que nous utilisons vient de Russie, ou que la Chine est la puissance de demain, et nous verrons que nous ne pourrons pas survivre longtemps coupé de nos voisins de l’Est !