Nous on arrive, avec notre accent « so cute », notre tour de ferraille, nos sacs en peau de vache… et on a le sentiment que la France est le plus beau pays du monde, le plus apprécié aussi. On croit que ces marques de fabriques, tout comme le mot « Paris », sont des formules magiques pour faire rêver les gens. Pourtant, si Paris est la ville la plus visitée, peut-être est-ce seulement parce que les français savent la vendre ?

Des discutions qui commencent par « Je ne suis pas bronzée, juste marron de crasse » (Humour), et qui embrayent sur « vous les français vous ne connaissez pas le soleil, ni le vin. Vous croyez tout connaître, mais c’est faux », j’en ai eu. Cela a duré 20 minutes d’anti-nationalisme français et je suis restée toute bête ; sans savoir quoi répondre. Ca m’a énervée, mais surtout surprise. Pourquoi tant de haine ?!

Peut-être croyons-nous réellement tout connaître, avec notre petit air supérieur, et nos crispations sur nos acquis sociaux ? C’est vrai que j’ai souvent du mal moi-même avec certains français à l’étranger. Non, l’eau n’est pas gratuite ; Ni le pain ! Oui, le pourboire n’est pas compris dans la notre et c’est bien vu d’en laisser ! Oui, les trains sont rarement à l’heure ! Non, aucun panneau n’affiche les horaires des bus !… C’est moins bien qu’à la maison, mais c’est comme ça, point ! Si on veut retrouver son confort, on reste chez soi. Voyager avec l’esprit fermé, c’est comme rester devant sa télévision. On voit les choses, de loin, sans les intégrer.

Enfin, je parle, je me plains, mais je ne suis pas mieux, avec mon grand sourire dès que j’entends parler français, les photos de la tour Eiffel sur mon portable,… même les articles sur le blog parlent 2 fois sur trois de la France. J’ai beaucoup d’attributs chauvins, voir même, disons-le, nationalistes. Mais… Est-ce un mal ? Aimer son pays ne veut pas dire suivre le gouvernement pour tout. Je ne comprends pas bien le problème. Pourquoi devrais-je m’excuser ?

Ceux qui m’ont fait ce reproche étaient Espagnols, Italiens, Allemands. Peut-être que je cherche trop loin, mais j’y voie un dénominateur commun. Entre Franco, Mussolini et Hitler, il y a de quoi devenir allergique au mot « Nation ». Au même moment, nous avons eu Pétain, qui, si on y regarde, était la continuation du nationalisme allemand en France. Notre nationalisme, au contraire, s’est incarné dans les Forces Françaises Libres. Cela nous a « sauvé » et inculqué le Gaullisme, dans une tradition nationaliste.

En ce qui concerne l’apprentissage des langues et la francophonie, ok nous sommes nuls. Si on étend cela à la Françafrique, je fais moins la maligne. Emeutes des banlieues, chiffres de Le Pen en 2002, peur phobique du « plombier polonais »… Effectivement, la France a quelques problèmes. On peut en parler. Mais, traité par des yeux étrangers, qui répètent les gros titres des journaux, en pointant du doigt, sans chercher à comprendre… ça a tendance à crisper !

Nationalisme est un bien grand mot, à consonance négative, pour traiter de beaucoup de questions différentes. Je ne connais pas de pays sans « problème » de nationalisme ; qu’il soit interne (divisions régionales, minorités…), ou international (définition des frontières, compétition économique…). Le nationalisme, comme la religion, la langue, l’aspect physique ou les revenus, est un critère d’identification des peuples. Ce qui unit un groupe est aussi, toujours, ce qui le sépare des autres. Malgré notre tradition nationale, centralisatrice du pouvoir, je ne pense pas que la France soit particulièrement à bannir.

Vouloir effacer toutes ces différences n’est-il pas le meilleur moyen de virer vers le totalitarisme ? Bannissons les nationalismes, les religions, parlons anglais, et le Monde sera en paix ? Les anti-religions et anti-nationalistes, dans l’excès, sont, à mon sens, aussi dangereux que les intégristes de l’autre bord. Les nations existent, les différences régionales aussi. Le monde n’est pas totalement uniformisé, et c’est justement ce qui le rend intéressant ! On peut aimer son pays, et vouloir en découvrir d’autres. Comparer n’est pas sous-estimer, c’est juste se donner des points de repères pour pouvoir juger.

Enfin, au final j’ai vite choisi d’arrêter de nous défendre. L’ironie reste souvent la meilleure arme contre les moralisateurs obtus. Oui nous sommes tous nationalistes, moi la première ! Je voyage seulement pour « civiliser » les indigènes, leur apprendre la littérature de Proust et promouvoir les cuisses de grenouilles ! La France restera un pays fasciste, mon interlocuteur, stagnera dans sa bêtise, et on ne changera pas le monde en une discussion.