Humeurs : J + 7 : Coup de Blues
Par Pauline, dimanche 29 juillet 2007 à 15:48 :: Humeurs :: #28 :: rss
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Dans le train de nuit entre Kiev et Moscou, je ne faisais pas vraiment la fière. Seule dans ma cabine de 4 personnes, à regarder le paysage défiler, j’ai pleuré pour la première fois. A une semaine du grand départ, il fallait bien que le bourdon arrive. Pensées et parades d’une hypersensible.
Ma logeuse pleurait à mon départ, il faudra s’y habituer. Je suis triste maintenant, mais ce ne sera pas la dernière fois. Je voie de la pauvreté aussi qui me chamboule, mais rationnellement, je sais qu’elle reste relative. Ce n’est pas tant ce que je ressens qui ne rend triste, que de savoir que ce n’est qu’une miette de ce qui m’attend plus loin.
Je suis seule dans ma cabine, que j’ai re-transformé en cocon protecteur. Photo sur la table de nuit, un T-Shirt en guise de chemise de nuit, le doudou dans les bras… Famille, Amies, Amoureux, tout est là.

Mais ce n’est que du matériel, du factice, du représentatif. Les calins de ma maman, les fous-rires d’Anto, le regard de mon chéri, il n’y a que dans mon imagination que je peux les percevoir. Je pleure un peu, regardant le paysage défiler, puis décide sortir, fumer une cigarette, entre les wagons.
Le train est presque vide, mis à part un couple qui reste enfermé, et, plus loin, deux jeunes en caleçon et vodka qui m’observent avec curiosité. Ils ne m’inspirent pas confiance. Je n’ai pas envie de parler, reste sur mes gardes. Préjugés ? Sûrement. Un petit relent de prudence aussi. Je m’éloigne, dans le couloir, et regarde le paysage défiler. Campagne, Datcha, chemins de terre… La nature reprend ses droits, apaisante.
On s’arrête. Une gare au milieu de nulle part. Un bâtiment, bleu, peint, comme à Kiev, comme à Moscou, mais seul, vieux, décrépi. On reste un temps. J’observe. Autour, des baraques de fer, des gens. Certains, sur le quai, observent passer les trains. Les gens sont crasseux et ça respire la pauvreté. Ont-ils l’air tristes ? Même pas. C’est une pensée d’occidentale. Peut-on être heureux sans confort ?
Je retourne dans mon cocon. Un livre pour ne plus penser. Ce sera pire. C’est une mise en bouche pour la suite. Je le sais. Le trajet continue. Bientôt c’est Moscou. Palais des oligarques, business, speed… et surtout prise en charge entre étrangers festifs que nous sommes, assez friqués pour se payer un voyage. La mise en bouche, le goût amer passent vite ; pour le moment en tout cas !
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Commentaires
1. Le samedi 4 août 2007 à 15:04, par Anto
2. Le dimanche 5 août 2007 à 14:24, par Pauline
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