Apparence de la ville

Bâtiments de couleur, passages souterrains, minibus pour circuler, stations de métro soviétiques (profondes et spacieuses), ciel rayé de câbles de tram… tant de choses rappellent la Russie ! Pourtant, là où Moscou ne cache pas son passé soviétique, par les statues, les barres d’immeubles délabrées en centre-ville, par exemple, Kiev semble plus occidentale. Il y a le centre, rénové, magnifique, flamboyant, et le reste. La banlieue, même proche, qui sert de logement à la majeure partie de la population, n’est pas belle à voir. Les bâtiments sont rassemblés dans de petites cours, sombres, bornées de chemins de terre, font contraste. De même, quand on sort de la ville, les routes sont délabrées. En car, on voit la différence. Une rénovation sera peut-être faite pour l’organisation du mondial de football à Kiev, mais pour le moment cela limite la circulation.

Les gens

Le type slave, blond, longiligne, est présent partout. Même décalage générationnel qu’à Moscou, mêmes tenues affriolantes… Les filles sont aussi belles, voir plus belles ; jusqu’à 30 ans en tout cas. Les pauvres et les riches se côtoient, les babouchkas vendent les produits de la datcha tandis que les centres commerciaux ultramodernes fleurissent en centre-ville. On voit que c’est une société en pleine transition ! Pourtant, à la différence de Moscou (mais Moscou n’est pas non plus toute la Russie), les gens sont si aimables ! Curieux de voir un étranger, il font des efforts de communication, et n’ont pas cette roideur et cette impolitesse qui choque tant en arrivant dans le centre russe ! C’est vraiment agréable de se sentir aussi chaleureusement accueilli !

La langue

La langue est différente du russe. Le « I » est à l’occidentale, comme un trait d’union entre l’Europe et le monde Cyrillique. Les deux parlers seraient différenciables comme l’italien l’est du français. Pourtant, les gens parlent russe à Kiev. Ils comprennent le russe et l’utilisent. Dans la partie ouest de l’Ukraine les choses sont différentes, mais ici, pas besoin de maîtriser la langue nationale pour se débrouiller. Les gens parlent peu anglais en revanche, comme à Moscou, et parfois quelques mots de français.

L’avis des populations

En en discutant avec quelques autochtones, j’ai eu évidemment des avis opposés. Certains se disent russes et d’autres rejettent « l’envahisseur ». Pourtant, une chose qui est revenue souvent est la lassitude certaine envers la politique. Orangistes ou bleus, ils sont tous assimilés à des escrocs, qui se servent des sentiments nationalistes pour se remplir les poches, sans arranger la situation du pays. Si la nationalité est en question, il semblerait que ce soit donc plus dans les rues que dans les sphères élevées des élites. La révolution orangiste serait-elle une grande mascarade ? Entre jeux de pouvoir, placements de capitaux, et misère présente dans le pays, on est en droit de l’interroger.

Conclusion sur Kiev

Au final, Kiev est évidemment slave, apparemment russophile, sans y être totalement similaire. D’autres villes, comme Lviv (Lvov en russe) s’éloignent en revanche de l’appartenance russe, par une culture, une architecture,… plus européennes. Les généralisation sont difficiles, et ces sujets toujours sensibles, mais le contraste reste intéressant.