Sois vigilante

Le pire ennemi de l’homme est son semblable, quand ce n’est pas lui-même, méfie-toi des deux !. Aie conscience que tu es une proie facile pour les prédateurs de toutes sortes et n’accorde jamais totalement ta confiance. Cela n’enlèvera rien à ta personnalité et ne t’empêchera nullement de te montrer sympathique.

Prends le temps ! N’agit et ne te déplace pas dans l’urgence, prévoit toujours un délai de sauvegarde de tes affaires, d’observation, de réflexion, de préparation, d’acclimatation puis de réaction.

Exerce ton sens de l’observation, entraine-toi à jauger les regards et les comportements autour de toi, afin de déjouer les mains baladeuses qui voudraient explorer ton sac d’Ali Baba et pour ne pas te faire coincer dans une bousculade aussi brutale que simulée. Evite les heures tardives, les coins sombres, le trottoir le plus encombré, le wagon le moins rempli…

«Rien n’est plus important que soi-même». En cas de problème majeur il te faut être prête à ne compter que sur toi. Méfie-toi des faux alliés ou des ripoux.

Alors pour ne pas en arriver à une situation qui ruinerait en quelques secondes tes efforts d’un an -> ANTICIPE.

Sois humble

Vis-à-vis des autres, part du principe que toutes tes références ne sont pas partagées par tes interlocuteurs et qu’il n’y a aucune raison qu’ils changent d’avis à ton contact. Les notions de laïcité, de liberté, d’égalité des chances et des traitements qui t’on façonnées ne sont pas universelles. Cela ne t’empêchera pas d’en discuter…

Vis-à-vis de toi-même, demeure modeste. Aie conscience que tu es particulièrement privilégiée de pouvoir effectuer un tel voyage, de prendre une année sabbatique financée par tes parents.

Tu ne pars pas pour :

  • Le plaisir de tes proches, car c’est 10 mois d’anxiété qui les attend ;
  • Epater tes amis, car tu ne changeras rien de leur quotidien ;
  • Te faire admirer et séduire l’autochtone, le voyageur ou l’internaute anonyme, car ils viendront seulement puiser de ton « parcours » quelques opportunités ou informations.

Tu pars en réalité pour toi-même et quand tu reviendras tu ne seras assurément pas la même. J’espère que cette fuite en avant te donnera une vision plus posée, pondérée et durable de ton avenir et de ta personnalité.

Alors pour que ton voyage ne soit pas celui de la poupée Barbie -> TEMPERE, PONDERE et ANALYSE

sois courageuse

Finis la vie parisienne relativement bourgeoise, la sécurité familiale, les petits tracas d’étudiante entretenue. Tout ce qui t’es familier risque de devenir problématique : manger, dormir, eau potable, électricité, transport, sécurité, téléphone, accès internet… Tu vas côtoyer des gens qui mettent le même sarong 10 ans de suite car ils n’ont pas les moyens d’en changer, des enfants qui aimeraient pouvoir finir ton assiette, des familles décimées par le Sida... En une journée tu dépenseras en cigarette ce qui permet à d’autres de se nourrir une semaine.

Au cours de tes pérégrinations, tu auras probablement des moments de bourdons, des interrogations, des lassitudes. Ne te décourage pas, sublime tes états d’âme par de passionnants et durables écrits. Ce sont tes « grands reportages » qui maintiendront un sens à ton parcours et un lien avec tes proches.

Tu n’ est pas rentrée dans une salle de cinéma, mais bien dans la dure et parfois belle réalité de notre planète. Beaucoup n’auront jamais ta chance et ton courage.

Alors ne t’arrête pas au pied du mur et encore moins dans la dernière ligne droite de l’arrivée -> AVANCE

… Puis reviens nous bien dans ta tête, tes chevilles et dans ton corps, les yeux remplis à jamais d’inoubliables images et solidement armée pour commencer ta vie d’adulte éclairé, humaniste et réaliste.

PaPé