Tout a commencé avec le film « Voyage en Arménie ». Sortie de la salle de cinéma, j’ai pleuré en silence une bonne heure. Mon amoureux de l’époque, avec qui j’étais depuis 5 années, me regardait sans comprendre. Quand je me suis décidée à parler, les seuls mots que j’avais en tête étaient « je veux partir ». Il m’a écoutée, encouragée, sans véritablement y croire, ni savoir les implications que cette révélation auraient sur ma vie.

Un mois après, je partais à Moscou avec Rémi, un ami de ma classe. Bien que ce soit un voyage à deux, ça a été mon expérience test, notamment pour vérifier que je pouvais survivre un mois loin des miens. Malgré quelques galères, ce séjour fût une totale réussite. Je décidais donc d’évoquer le sujet auprès de mes parents, amis proches, et de tâter le terrain auprès de l’administration de mon école.

L’idée était encore floue, mais la Russie et l’Asie étaient les destinations qui m’attiraient. Prenant contact avec diverses associations, mais aussi avec Visoterra, j’ai commencé à mettre en œuvre concrètement le projet. Il a mûri, en silence dans ma tête, pendant de longs mois. A la formule de « total voyage » touristique, j’ai préféré m’arrêter plus longtemps dans certains pays (Russie, Cambodge, Niger), pour bénéficier d’une structure d’accueil (la solitude me semble plus risquée, autant psychologiquement que physiquement) et saisir plus en profondeur la culture de ces pays.

Depuis cela, ma vie a beaucoup changée. J’ai quittée ma stabilité certaine, mon homme, je suis allée habiter chez mon père pour faire des économies, ai réservé l’argent de mes cadeaux de noël en prévision du voyage, j’ai surtout réappris à vivre seule, à m’assumer sans béquille, à me préparer psychologiquement… Mais la réalité des cours, des sorties, et la difficulté de trop anticiper, m’ont limités dans ma focalisation. Je lisais des articles sur de nombreux blogs, des livres de voyages, modifiant mon parcours au fil des découvertes, mais sans rien de véritablement concret.

Début mai environ, tout s’est accéléré. L’association AGIR pour le Cambodge m’a confirmé leur accord pour que je les aide sur le terrain en tant que volontaire, j’ai commencé mes démarches auprès du centre culturel de Russie à Paris… J’ai pris des contacts dans les destinations que je souhaitais visiter… Puis me suis lancée dans les questions administratives et financières : négociations avec mon établissement, billets d’avion, visas, vaccins, … Le projet est devenu de plus en plus réel, quittant mon imagination pour se mettre en forme sur mon petit carnet, dans mon calendrier prévisionnel…

Nous arrivons en juin et les choses sont maintenant pratiquement mises en place. Je suis over-bookée et stressée. Entre ma volonté de travailler un mois avant de partir et le temps que j’ai à consacrer aux démarches administratives, entre mon impatience à partir, et la peur de perdre ce que j’ai ici, entre mes achats à faire et mon budget serré à respecter… J’ai eu en même temps la « bonne idée » de tomber amoureuse, malgré mes promesses de liberté.

Les choses se compliquent et se précipitent, les crises d’angoisses me prennent certaines nuits, mais, loin de me décourager, cela au contraire me motive et me dope. Je sens que le 07 juillet, tout sera relativement prêt, et surtout que j’aurais accompli ma première victoire personnelle en montant dans ce car vers l’inconnu.